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Dans la société sacrale du XVII° siècle,
l'esthétique fait partie intégrante du sentiment religieux. Il faut guider la
piété des fidèles.
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La Présente Réelle, affirmée par le concile
de Trente, impose sur le maître autel un tabernacle qui doit être le plus
beau possible, des calices en argent. Cette beauté, "un pressentiment
du ciel" selon Odon de Cluny, a
une finalité didactique qui se manifeste dans tous les objets du culte, tous les
motifs d'ornementation, mais surtout dans les retables. La réforme catholique
n'a pas inventé les retables - ils existent au moyen âge - mais elle les a
multipliés et enrichis. Les statues qui les composent se mêlent à la liturgie et
participent à la prière d'intercession. |
Dans les églises paroissiales, le retable se
déploie comme un vaste reliquaire.
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Par son matériau, sa composition, ses thèmes,
le jeu de ses couleurs, le retable offre une documentation d'une qualité
exceptionnelle sur les croyances et sur la sensibilité religieuse, c'est-à-dire
sur la vie dans les villages au XVII° siècle. Son but essentiel, est d'instruire. Il commente les grandes vérités
dogmatiques. Il s'attache à développer le culte de la Vierge dans chacun de ses
mystères, ainsi que celui des saints. |
| Le baptême du Christ - Montgreleix - classé
Monument historique en 1908 |
Misère et maladies, mortalité infantile et hécatombe des
guerres, ravage de la peste, sont le quotidien au XVII° siècle. Le peuple ne
dispose pas de moyens humains pour y remédier, la médecine étant incertaine et
inefficace. Le seul recours de cette population profondément croyante est
l'espérance chrétienne.
Qu'il surprenne ou émerveille, l'art baroque force la sympathie tellement se
profile derrière la profusion des décors et les visages souriants ou pathétiques
de milliers d'angelots, l'émouvante humanité de tous ceux qui ont vécu sa
naissance et son épanouissement.

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